Newsletter 2/2018

Thèse de doctorat sur les mécanismes d’accès aux programmes d’accompagnement à la formation professionnelle

La transition entre école obligatoire et formation post-obligatoire est une phase délicate et pour certains jeunes aussi problématique. De nombreux programmes voués à soutenir les jeunes à intégrer et achever une formation professionnelle ont vu le jour ces dernières années. Il s’avère néanmoins, que ces programmes risquent de concentrer les ressources sur les jeunes moins désavantagés. Comprendre les mécanismes qui mènent à cet effet est le sujet d’une thèse de doctorat menée à l’Université de Lausanne dans le cadre de la Leading House GOVPET. Les résultats de cette recherche mettent en exergue deux facteurs cruciaux: la marge de manœuvre laissée aux professionnelles accompagnant les jeunes et le focus politique concernant ce groupe cible. Des changements au niveau du cadre référentiel administratif et politique seraient donc désirables pour atteindre aussi les jeunes les plus désavantagés à travers ces programmes.

Pourquoi les jeunes les plus désavantagés ont-ils moins accès aux programmes d’accompagnement ?
Étude sur la mobilité professionnelle des enseignants

Environ deux tiers des enseignants de culture générale ont travaillé auparavant à l’école ordinaire.  Comme l’indique une étude, beaucoup d’entre eux se sont réorientés par hasard. Ce changement est associé à de nombreuses expectatives ; chez les hommes, ce sont plutôt des considérations de carrière, chez les femmes, elles sont souvent pragmatiques. L’étude conclut avec deux suggestions : selon elle, il conviendrait de professionnaliser le recrutement des enseignants de culture générale. Par ailleurs, leur formation devrait être réformée, car en comparaison avec d’autres qualifications ultérieures pour le changement d’échelon, la formation à l’enseignant de culture générale à l’école professionnelle semble plutôt « légère ».

La formation des enseignants de culture générale devrait être réformée
Enquête de la haute école pédagogique de Zurich

Hétérogénéité : ce terme sert souvent à décrire de manière compacte les problèmes qui rendent l’enseignement dans la formation professionnelle plus difficile. Mais en fait, on ne peut pas dresser un tableau général de ce que représente l’hétérogénéité dans les écoles professionnelles. Car selon le secteur professionnel, les différences entre les élèves dans les classes varient, ce qui conduit à des particularités spécifiques à chaque métier. Indépendamment du domaine professionnel, les enseignants des écoles professionnelles perçoivent toutefois la gestion des différences dans le comportement d’apprentissage, le comportement social et les compétences linguistiques comme le plus grand défi.

Constats actuels sur l’hétérogénéité des classes des écoles professionnelles
Projet de recherche du KOF

Dans le débat public, on a l’impression que le statut social de la formation professionnelle en Suisse a diminué. Mais qu’en disent les analyses empiriques ? S’appuyant sur les données PISA, les chercheurs du KOF se sont penchés sur cette question et ont comparé les compétences cognitives relatives des futurs élèves d’écoles professionnelles à celles de futurs lycéens. Les résultats indiquent qu’une partie substantielle des élèves ayant des compétences scolaires élevées opte pour un apprentissage professionnel. Par ailleurs, le statut social de la formation professionnelle – contrairement à ce que fait croire le débat public – n’a pas diminué.

Le statut social de la formation professionnelle en Suisse est resté constant
Transistions réussies vers la formation prfessionnelle pour les groupes à risques (Étude « GÜRB »)

Pour beaucoup de jeunes, l’entrée dans la formation professionnelle et sur le marché du travail ne se passe pas sans frictions. L’une des raisons à cela : un jeune sur trois a une situation scolaire de départ peu favorable et ne possède que de faibles ressources sociales. C’est ce que montre l’étude « Transitions réussies vers la formation professionnelle pour groupes à risques » (GÜRB). Selon leurs propres affirmations, beaucoup de jeunes se sentent dépassés par la responsabilité d’avoir à prendre une décision professionnelle qui influencera à leur sens toute leur vie. Le processus de choix d’un métier commence trop tôt.

Un soutien en vaut la peine
Nouvelle publication aux éditions hep

Bien enseigner, ce n’est pas simple. Cela exige un répertoire pédagogique et méthodologique personnel bien réfléchi. Un nouveau livre paru aux éditions hep, intitulé « Einfach gut unterrichten » (Tout simplement bien enseigner) présente les principales approches pédagogiques et méthodologiques et plaide pour une didactique intégrative et diversifiée. Partant des expériences et constats des lecteurs au niveau de l’apprentissage et de l’enseignement, il fait des propositions d’applications et propose des exercices et des exemples. Les membres de la SRFP bénéficient d’une réduction de 15 % sur le prix de l’ouvrage. Veuillez vous adresser au Secrétariat.

Est-il vraiment simple de bien enseigner ?
Étude longitudinale sur le dÉveloppement professionnel tout au long de la vie

Les positions de pointe dans l’encadrement et les salaires les plus élevés ne sont pas uniquement accessibles aux diplômés des universités et hautes écoles, mais également aux professionnels poursuivant une formation continue. Il convient donc de renforcer et de développer la formation professionnelle supérieure. C’est ce que conclut une « étude longitudinale de Zurich » dont le rapport final est à présent disponible. Dans le cadre de cette étude, un millier de personnes ont été interrogées sur leur situation professionnelle à onze reprises au total depuis 1978.

Ce qui influence les parcours professionnels
Renforcer l’intégration des jeunes étrangers dans la formation professionnelle

Les jeunes étrangers ou perçus comme tels sont confrontés à divers désavantages dans la formation professionnelle traditionnelle dans une entreprise unique : ils ont plus difficilement accès à une place d’apprentissage, et résilient plus souvent leur contrat de formation prématurément. En raison de leurs caractéristiques organisationnelles spécifiques, les réseaux d’entreprises formatrices pourraient faciliter pour ces jeunes notamment l’intégration dans la formation professionnelle. L’article présente les résultats d’une étude examinant les potentiels de tels réseaux.

Exploiter le potentiel de réseaux d’entreprises formatrices