Newsletter 2/2019

Prix SRFP

Le prix SRFP est basé sur l’idée de récompenser et de faire connaître la bonne recherche en matière de formation professionnelle et son application dans la pratique de la formation professionnelle en Suisse. Il entend encourager et mettre en lumière les applications particulièrement remarquables de la recherche en formation professionnelle. En particulier, il s’agit de renforcer le dialogue entre la recherche et la pratique de la formation professionnelle et de contribuer à des innovations pratiques fondées sur la recherche.

Les projets doivent donc montrer de façon exemplaire comment les résultats de la recherche en formation professionnelle peuvent être transposés dans la pratique. Les critères importants sont donc non seulement la qualité de la recherche en formation professionnelle, mais également la qualité des applications qui en découlent et du processus de transfert de la recherche à la pratique.

Choisir des projets pour apprendre

Les apprenti‑e‑s de Swisscom effectuent leur apprentissage dans le cadre de projets d’une durée allant d’un jour à six mois. Une étude de cas exploratoire de l’IFFP montre que les personnes en formation apprécient ce modèle d’apprentissage radicalement différent. Les apprenti‑e‑s semblaient très motivé‑e‑s et se sentent bien préparé‑e‑s pour la vie professionnelle. Chez Swisscom, on est persuadé que l’on peut attendre beaucoup de leur part. Les apprenti‑e‑s peuvent agir de manière autonome, faire des erreurs, assumer des responsabilités et demander conseil en cas de difficultés. Les conditions structurelles du modèle sont des coachs, un marché de projets en ligne, une organisation du travail flexible et une communication d’égal à égal.

Exemple d’une culture d’apprentissage innovante chez Swisscom
Photo | Swisscom
Voies vers la formation tertiaire : l’importance de la culture de l’apprentissage et du savoir

Face à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, la politique suisse de la formation doit relever le défi d’augmenter le taux de jeunes formés au niveau tertiaire. Une étude montre que la formation professionnelle initiale apporte à cet égard une contribution plutôt modeste. Elle est axée – à la différence de la maturité professionnelle ou spécialisée – sur le développement d’une compétence opérationnelle professionnelle et équipe plutôt moins les apprenants de connaissances de culture générale, abstraites, théoriques et systématiques. Il reste donc important de promouvoir la MP1 et de préparer les jeunes de façon propédeutique et précoce, immédiatement après la scolarité obligatoire, aux études supérieures. Par ailleurs, des voies plus scolaires telles que les écoles de culture générale restent appropriées pour conduire les jeunes vers les hautes écoles spécialisées.

Compétence opérationnelle ou aptitude aux études ?
Photo | SEFRI
Problèmes de positionnement des écoles supérieures

Les mérites des écoles supérieures comme sources de main-d’œuvre hautement qualifiée font l’unanimité. Mais il est moins évident de déterminer comment les écoles supérieures pourront garder des chances équitables sur le marché de la formation. Les conditions cadre sont de plus en plus défavorables, et les solutions proposées également sont controversées. Le Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation a à présent décidé de se pencher sur la question des ES dans le cadre du processus stratégique « Formation professionnelle 2030 ». Il y a un potentiel d’amélioration au niveau des titres et des diplômes ainsi que de leur position en tant qu’institutions, mais le financement et les bases juridiques également soulèvent des questions. Un état des lieux des principaux problèmes.

Nouveaux jalons pour les écoles supérieures
Photo | Daniel Fleischmann
Analyse des Commissions pour le développement professionnel et la qualité (DP&Q)

Avec la nouvelle loi sur la formation professionnelle de 2004, une Commission pour le développement professionnel et la qualité (DP&Q) a été mise en place pour chaque formation professionnelle initiale. Ces commissions sont responsables de veiller à la qualité et au développement des différents métiers. Quelle est leur composition, comment travaillent-elles, quelles sont leur attributions ? Ces questions font l’objet du projet de recherche « Contours du modèle de formation en alternance – réglementation et agencement de la formation professionnelle en Suisse » de la chaire de formation professionnelle de l’Université de Zurich. La première étude partielle montre que les Commissions DP&Q assument notamment sur le plan stratégique du pilotage des fonctions importantes et parviennent à intégrer des voix multiples au développement des métiers. À divers niveaux, on constate toutefois une concentration des influences.

Entre l’optimisation du pilotage et le cumul des fonctions
Photo | SEFRI
Étude « Reconnaissance des certificats de branche sur le marché du travail » (ABA)

Les certificats délivrés par les branches professionnelles jouent un rôle important sur le marché du travail. Tous les ans, le nombre de ces certificats non formels acquis en Suisse est plus de deux fois supérieur à celui des diplômes de la formation professionnelle supérieure. Une étude de la Fédération suisse pour la formation continue FSEA examine ce qui détermine la reconnaissance des certificats de branche. Elle montre que ces certificats ouvrent diverses possibilités pour la résolution de problèmes spécifiques au sein d’une branche donnée. Parmi celles-ci compte la possibilité de qualifier de nouveaux groupes cibles et de les intégrer au marché du travail. Au moyen des certificats de branche, on peut par ailleurs répondre aux besoins de compétences spécifiques d’une branche au niveau souhaité d’une façon relativement rapide et flexible, avec un bon rapport coûts-bénéfices.

La formation professionnelle continue est sous-estimée
Bild | Frank Müller
Étude du KOF sur la gouvernance dans la formation professionnelle

Le KOF a examiné la coopération entre les différents acteurs dans le système de formation suisse. Il constate que ceux-ci sont généralement satisfaits de cette collaboration. On enregistre toutefois certaines tensions, c’est-à-dire de rapports moins satisfaisants, entre la Confédération et les Organisations du monde du travail (OrTra), et ce dans les deux sens. Il importe donc d’agir dans ce domaine, car les OrTra jouent un rôle majeur dans le système de formation en alternance. L’étude formule un certain nombre de suggestions, par exemple pour l’amélioration de l’information sur le système de formation professionnelle.

Comment se présente la collaboration entre les acteurs de la formation professionnelle ?
Photo | SEFRI
Étude longitudinale sur l’accès à la formation et son déroulement

Tous les ans, environ 7500 à 8000 jeunes commencent une formation initiale de deux ans débouchant sur une attestation professionnelle (AFP), et environ 600 à 700 jeunes une formation pratique (FPra). Ces offres constituent donc des éléments incontournables d’une formation professionnelle qui intègre également les jeunes ayant de plus grandes difficultés d’apprentissage. Ces deux formations se distinguent au niveau du parcours scolaire préalable des jeunes. Environ un quart des jeunes suivant une formation AFP ont fréquenté auparavant une école ordinaire, contre 3 % seulement des jeunes en FPra. La satisfaction des jeunes est élevée. À l’issue de la formation, plus de 70 % indiquent être au moins « assez satisfaits ». Le taux élevé des jeunes qui ne parviennent à une formation AFP ou FPra que par le biais d’un détour reste une source d’inquiétude.

Les jeunes dans les filières de formation moins exigeantes AFP et FPra
Photo | Altra
Les qualifications acquises correspondent-elles à la demande sur le marché du travail ?

La formation professionnelle développe un degré élevé d’aptitudes spécifiques (à un métier). Ceci permet souvent d'entrer sans difficulté dans la vie professionnelle. Mais les personnes ayant suivi une formation professionnelle sont-elles également bien équipées pour réagir aux changements au cours de leur vie professionnelle ? Dans la présente étude, on a examiné selon le modèle d’études internationales dans quelle mesure une divergence entre les qualifications acquises et celles qui sont exigées a des incidences sur le salaire. Elle constate qu’il n’y a pas à cet égard d’impact salarial systématique, ni pour les personnes avec un diplôme universitaire ni pour celles qui disposent d’une certification de formation professionnelle initiale ou supérieure.

Formation spécifique, mais à large base
Photo | Coople