Newsletter 3/2020

Étudier les rapports aux temps des apprentis permet de contrer l’idée reçue selon laquelle les jeunes se définiraient par une posture présentiste
Par
  • Guillaume Ruiz

Les rapports aux temps des jeunes apprentis semblent autant intriguer qu’exaspérer les adultes qui les côtoient. Ils seraient davantage impatients et moins organisés que leurs aînés. Mais surtout, ils se complairaient volontiers dans un éternel présent sans trop se soucier de leur avenir. Qu’en est-il vraiment ? Contre toute-attente, la plupart des apprentis rencontrés savent s’organiser et nourrissent des projets d’avenir réalistes, même s’ils ne s’en vantent pas. Après tout, le temps est un langage social et se mettre en scène différemment des adultes qui leur semblent très organisés permet de signifier qu’ils appartiennent à une catégorie sociale qui a fait de la liberté sa principale définition : la jeunesse.

Gestion du temps et capacités projectives des apprentis : à l’encontre de quelques idées reçues
Luke van Zyl on Unsplash
Préapprentissage d’integration (PAI)

Pour réagir à l’afflux des réfugiés en Suisse, le Secrétariat d’état aux migrations a lancé en 2015 le préapprentissage d’intégration (PAI). Il est proposé depuis 2018 dans douze champs professionnels assez différents. Tandis que certaines organisations du monde du travail (OrTra) étaient bien disposées à réaliser le programme, d’autres se sont montrées réticentes à l’ouverture de ces métiers aux réfugiés. On craignait par exemple que le PAI dévaloriserait les formations en place. La présente étude (en allemand uniquement) montre comment les différents secteurs professionnels ont géré le dilemme de protéger le prestige de leur métier tout en intégrant des réfugiés.

Entre le devoir d’intégration et le souci du prestige
Photo | SEFRI
Projet de recherche « Enhanced Inclusive Learning » sur la compensation des désavantages
Par
  • Annette Krauss
  • Claudia Schellenberg

Plus d’un jeune ou jeune adulte sur quatre dit de lui-même qu’il est en situation de handicap. Les intéressés font état de difficultés relatives à la maîtrise des exigences de l’école ou de l’entreprise, et d’un bien-être réduit. Une partie d’entre eux bénéficie d’un instrument appelé « compensation des désavantages ». Les bénéficiaires sont avant tout des personnes présentant des troubles de l’écriture ou de la lecture, suivies de personnes souffrant de TDAH ou d’un handicap physique. Dans les écoles, le savoir et l’expérience portant sur la gestion de la compensation des désavantages ont beaucoup augmenté, mais l’on rencontre également des insécurités pour la mise en œuvre de cet instrument. Le projet « Enhanced Inclusive Learning » explore les expériences, les attitudes et les possibilités qu’offre cette mise en œuvre.

Une aide dans la plupart des cas
Photo | Alissa De Leva on Unsplash
Recherche en sciences de l’éducation sur les interactions dans les pratiques éducatives liées à la petite enfance

Quelles sont les compétences des éducatrices de l’enfance ? Comment est-il possible de transmettre et d’acquérir ces compétences ? Pour aborder ces questions, un projet de recherche portant sur ces professionnelles a été mené durant quatre années dans des structures d’accueil à Genève. Sur la base de films vidéo recueillis, ce projet s’est tout particulièrement intéressé à à la compétence d’observation des enfants. Après avoir abordé les notions d’ « invisibilité » et de « discrétion » liées aux pratiques des éducatrices, la présente contribution entend montrer, à partir de données empiriques filmées, en quoi l’observation constitue une compétence centrale pour ces praticiennes. Plus généralement, l’article illustre de quelles façons l’analyse de films peut contribuer à mieux documenter et à mieux faire reconnaître la complexité des métiers éducatifs dans leur exercice quotidien.

Apprendre à observer : une compétence professionnelle centrale dans les métiers de l’éducation de l’enfance
Bild | SRF myschool